La modernisation de l’économie des marchés émergents, leur développement et des marchés locaux en pleine expansion offrent sans doute de solides perspectives.
Les marchés émergents disposent d’un atout majeur, celui d’offrir de réelles perspectives de croissance structurelle. C’est pourquoi cette classe d’actifs bénéficie d’une réévaluation constante du fait de l’intérêt même des investisseurs. Cette évolution devrait s’avérer durable pour deux raisons : les plus-values sont élevées et la différence de rythme de croissance entre les marchés émergents et celui des pays industrialisés s’accentue nettement.
Or, paradoxe, la corrélation entre les marchés émergents et industrialisés se resserre progressivement. Les places boursières sud-américaines et asiatiques, notamment, sont globalement toujours plus dépendantes des marchés internationaux. Les économies de nombreux pays émergents ont en effet renforcé leurs échanges avec le reste du monde. La Chine, la Corée ou Taiwan, par exemple, ont vu leur poids augmenter dans le commerce international ces dernières années, ce qui accentue inévitablement la dépendance de leur marché avec les places boursières internationales.
Le marché indien montre aussi une forte corrélation avec les marchés internationaux. Mais cette situation pourrait évoluer car, à la différence de nombreux autres marchés asiatiques, la demande intérieure joue un rôle très fort dans la croissance de l’économie indienne alors que le poids de l’Inde dans le commerce international est plutôt réduit. Les raisons en sont essentiellement structurelles : protectionnisme, médiocrité des infrastructures et absence de réformes. On peut donc envisager de bonnes opportunités d’achat au cours de l’année 2008.
La Russie, elle, peut faire figure d’économie isolée. Là encore, la consommation intérieure est forte dans la mesure même où le pays compte parmi les principaux bénéficiaires de la hausse des cours du pétrole et des autres matières premières, qui lui assurent de considérables liquidités. De tous les pays émergents, la Russie est celui dont le marché boursier est le moins corrélé aux autres pays industrialisés. On peut supposer qu’il en restera ainsi. Une bonne raison de revoir à la hausse l’évaluation de ce pays.
La dynamique des marchés émergents s’explique par deux facteurs majeurs.
D’une part, l’amélioration de leurs conditions-cadres économiques locales, phénomène évident depuis 1990. Le secteur bancaire a ainsi été réformé et de nombreux états se sont affranchis du système des parités fixes pour miser désormais sur les taux de change flottants.
D’autre part, nombre de ces pays résistent de façon déterminée à la pression inflationniste en se fixant, et en respectant, des objectifs chiffrés.
Au-delà de cette amélioration des données macro-économiques, les marchés émergents ont un atout supplémentaire : la crise des subprimes, véritable épouvantail des marchés financiers, les a très peu touchés. Au contraire, ce sont même les fonds souverains de certains de ces pays qui viennent de donner un sérieux coup de pouce financier aux plus grandes banques d’investissement mondiales.
Du fait de cette puissance, la consommation intérieure de nombre de pays émergents affiche une solide croissance. Si l’on examine les différents pays émergents, il est clair que la Chine et l’Asie dans leur ensemble ont déjà signé une excellente performance en 2007. On pourrait donc y observer, à court terme, un retour de balancier ainsi que des prises de bénéfices. L’Europe orientale, le Moyen-Orient et l’Afrique méritent donc aussi l’attention des investisseurs.
Mais si l’on considère les marchés asiatiques à plus long terme, en particulier la hausse de la consommation intérieure et l’urbanisation fulgurante de pays comme la Chine ou l’Inde, qui vont impliquer des besoins énormes en infrastructures, des opportunités intéressantes s’offrent encore aux investisseurs. Le phénomène n’est pas limité à l’extension des réseaux routier ou ferroviaire car la demande augmente aussi, par exemple, pour la construction navale.
Autre aspect intéressant : l’augmentation des besoins dans le domaine des télécommunications. La téléphonie mobile est encore loin d’avoir pénétré l’ensemble des marchés chinois, indien ou indonésien. Le potentiel reste donc immense.
Certes, l’investissement sur les marchés émergents fait partie des placements à risque élevé. Avec des valorisations encore relativement peu élevées, ce risque pourrait s’avérer payant, à long terme, pour les investisseurs.